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20.08.2008
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בס"ד

DEVARIM / Parachat VAET’HANANE

par Rav Arié LEVY 'Chalita'
Auteur du livre de commentaires
« LE CHANT DE LA VIE »

Maguid Chiôur au Collel francophone
DARKEI AHARON



N°352

La paracha commence par les mots « j’implorai D’ en ce temps-là, disant …: Laisse-moi passer, je t’en prie, je voudrais voir ce bon pays qui est au-delà du Jourdain… » Moché avait formulé cinq cent quinze prières (guématria de Vaèt’hanane) qui représentaient autant d’arguments en faveur de sa démarche pour entrer en Terre Sainte. Le substantif employé plus couramment pour désigner la prière est le mot téfila dont la racine « palal » signifie « juger » ; léhitpalèl, prier, consiste donc à opérer sur soi-même un examen de conscience profond.

La té’hina de Moché qui désigne la supplication est considérée par nos Sages comme la prière idéale. On peut la comparer à l’insistance avec laquelle le jeune enfant auquel on a dérobé son jouet pleure et supplie qu’on le lui rende, sans se décourager, en y mettant toutes ses forces, persuadé que ses pleurs porteront ses fruits. Le Imré Chéfèr compare les suppliques de Moché à un homme qui veut percer un trou de quarante centimètres dans un plancher en béton ; pendant les premières minutes il peut se décourager et penser que son effort est vain, pourtant chaque tour de la mèche le rapproche de son but. Ainsi, inlassablement, la prière de Moché s’élève de degré en degré pour atteindre le Trône Divin, et juste au moment où il ne manquait qu’une supplique pour annuler le décret qui lui interdisait son entrée en Terre d’Israël, D’ lui dit : « assez, ne m’en parle plus ! »

 LE LIVRE DES COMMENTAIRES DE LA PARACHA DU RAV ARIE LEVY 'LE CHANT DE LA VIE' EST EN VENTE SUR LE SITE GUYSEN La prière, qui occupe une place essentielle dans notre vie, est appelée « service du cœur » car elle requiert, de la part de l’homme, l’expression la plus intime de sa foi, de ses craintes, de ses espoirs. Mais la ferveur profonde, « la kavana » est-elle toujours à nos rendez-vous avec le Maître du Monde trois fois par jour ? Si on nous demandait : as-tu déjeuné ce matin, nous répondrions immédiatement oui ou non ; as-tu prié ce matin, ou as-tu prononcé la bénédiction de yaâlé véyavo, cela exigerait de nous un petit effort de pensée pour répondre, parce que souvent, si l’esprit était là pour accomplir ce service, le cœur n’y participait pas entièrement.

Chacun de nous peut arriver au niveau des tsadiqim de toutes les générations, car « D’ est proche de tous ceux qui l’appellent, de tous ceux qui le recherchent vraiment » Deux conditions s’imposent pour qu’une prière atteigne son but : 1/ l’élan de sincérité qui émane du cœur et pas seulement des lèvres, car le cœur, centre des désirs, doit participer pleinement à la volonté de purification ; 2/ l’insistance réitérée de la demande, qui prouve la volonté du demandeur de voir sa supplique exaucée.

J’ai rencontré cette semaine un homme du nom de Gunter, un non-juif originaire d’Allemagne, qui est arrivé en Erèts il y a une trentaine d’années. Il s’est installé avec sa femme et ses cinq garçons dans un village du nom de Migdal, qui surplombe le lac de Tibériade, et y a créé une institution pour handicapés mentaux qui compte aujourd’hui 180 enfants et adolescents, dont il assure le bon fonctionnement et la direction. Je lui ai demandé la raison de son choix, et voici quelle a été sa réponse : lorsque j’ai vu ce que les allemands ont fait au peuple juif, j’ai décidé de donner à ce peuple mon âme. Et c’est ce qu’il a fait. Sa femme et lui-même ne se sont pas convertis au judaïsme, ils pratiquent les sept lois de Noé, mais leurs cinq garçons ont choisi, l’un après l’autre, de prendre sur eux le joug des mitsvot. Ce sont des juifs orthodoxes, qui ont fondé des foyers exemplaires. L’un d’entre eux est un ami qui participe avec moi aux entraînements de défense que nous suivons régulièrement, un autre a choisi de vivre dans un endroit désert de la Vallée du Jourdain pour y travailler la terre, selon le message transmis par son père de s’investir en faveur de la Terre d’Israël.

Et voici ce que Gunter m’a raconté : il y a une dizaine d’années, j’ai fait une chute d’une hauteur de cinq mètres et les médecins n’ont eu qu’à constater mon décès. J’entendais chaque mot qui se disait autour de moi, mais je savais que je n’avais pas terminé la mission pour laquelle j’étais venu en ce monde, et qu’on avait encore besoin de moi. Je suis convaincu que chaque parole qui est dite ici-bas est entendue du Créateur du monde, je devais donc m’adresser à Lui et je lui ai demandé de me laisser en vie.

Impressionnant !

« Vous chercherez là-bas (parmi les nations) le Seigneur ton D’ et tu le trouveras si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme (verset 29) » Le transfert dans le même verset, de la deuxième personne du pluriel « vous chercherez », à la deuxième personne du singulier « et tu le trouveras » indique que la démarche de s’élever de degré en degré jusqu’à se rapprocher de D’ est individuelle. Car la recherche de la vérité doit aboutir à l’acquisition de la vérité. Et c’est précisément le secret de la téfila : le verset « D’ est proche de tous ceux qui l’appellent, de tous ceux qui le recherchent vraiment » suggère que « si je L’appelle et que je Le recherche vraiment » alors « D’ est proche. »

J’ai déjà eu l’occasion de citer la Rabbanit LOUSKINE de Jérusalem. Cette femme extraordinaire, qui est aujourd’hui très âgée, se rendait chaque jour au lever du soleil au Kotel, et de là à Beit-Lé’hèm sur la tombe de Ra’hèl. Pendant 40 jours d’affilée elle priait, et sa liste pour soulager les malades d’Israël était longue. Elle a toujours été exaucée. Puis pendant 40 jours, elle exprimait sa reconnaissance à D’, et le cycle recommençait. Sa conviction en la puissance de la téfila était si profonde qu’elle reste un exemple pour la jeune génération, et je peux vous dire que nombre de femmes vertueuses font de même aujourd’hui. J’ai demandé un jour au rav Chabbetaï YOUDELEVITS, un grand Juste qui n’est plus parmi nous, comment assurer la réussite de l’éducation de mes enfants ; il m’a répondu en un seul mot : TEFILA.

On raconte que le rav de Brisk zatsal entendit un jour quelqu’un exprimer à son sujet qu’il n’était pas étonnant que tous ses enfants soient des Justes. Il répondit : crois-tu que ce résultat ait été atteint sans effort ? Chaque nuit, je me suis assis auprès de leur lit et versé des larmes en priant qu’ils soient ce qu’ils sont aujourd’hui. J’ai investi toutes mes forces dans la prière.


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