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Mohammed Assaf, nouvelle star de Gaza

Avec son sourire étincelant et sa voix puissante qui a conquis à la fois public et juges, le jeune Mohammed Assaf, est devenu le premier candidat palestinien de l’émission Arab Idol (l’équivalent de The Voice, la plus belle des voix) à progresser autant dans cette compétition panarabe dénichant les nouveaux talents de la chanson arabe.

Mohammed Assaf, né à Gaza, est devenu l’icône nationale des Palestiniens. L’engouement a été tel que les compagnies de téléphonie cellulaire palestiniennes ont réduit le coût des SMS lors de l’émission pour encourager les Palestiniens à voter pour Assaf. Même les politiques palestiniens se sont mis à encourager le public à se mobiliser massivement pour lui.

La deuxième saison de l’émission populaire a démarré sur la chaîne libanaise MBC qui a présenté au public Mohammed Assaf, 22 ans, de Gaza, premier Palestinien à avoir passé l’étape des auditions, en impressionnant ses juges et devenant l’un des candidats les plus en vue pour la finale.

Assaf a eu beaucoup de chance pour participer aux auditions au Caire. « Le voyage a été semé d’embûches et a duré deux jours », raconte-t-il. « Je suis arrivé en retard aux auditions. Des milliers de personnes s’étaient massées devant l’entrée de l’hôtel et les portes étaient déjà fermées. J’ai grimpé sur le mur arrière pour rentrer, mais à l’intérieur, la distribution des numéros aux concurrents était déjà achevée ».

Par chance, il rencontre une connaissance saoudienne étudiant au Caire qui l’avait déjà entendu chanter. « Il m’a donné son numéro en estimant que j’étais meilleur chanteur et que j’avais plus de chances de gagner », ajoute-t-il.

Il semble à ce jour qu’Assaf soit le seul à avoir réussi à faire oublier aux factions palestiniennes leurs divergences. Sa voix, et ses performances ont uni tous les Palestiniens qui ont exprimé, une fois n’est pas coutume, leur solidarité à leur jeune star nationale.

La compagnie de téléphone Jawwal a d’ores et déjà annoncé que les SMS de soutien à Assaf seraient gratuits. L’agence de presse palestinienne officielle a appelé dans un article à voter pour lui. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a téléphoné à Assaf pour le féliciter pour l’honneur qui rejaillit sur tous les Palestiniens et même le Premier ministre palestinien démissionnaire Salam Fayyad a ouvert un compte Facebook pour encourager sa victoire. Il écrivait dans un post du mois dernier qu’Assaf « représente justement la Palestine ».

« Il est la voix de Gaza et de toute la Palestine », a estimé Noora Ouri, un Palestinien de Ramallah, interviewé par une télévision arabe.

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L’économie israélienne, un combat sioniste

L’éditorial de Marc FEMSOHN

Aujourd’hui, bien que nous soyons le seul Etat au monde menacé de destruction par d’autres pays, le combat pour la survie d’Israël n’est plus seulement sécuritaire, il est aussi économique.

Oui, le sionisme signifie bien évidemment le retour à Sion, mais il implique également le bien-être et l’essor du peuple juif sur sa Terre retrouvée.

Oui, la vie n’est pas toujours facile en Israël, mais pourquoi les Israéliens, prêts à se sacrifier au combat pour l’existence de leur patrie, ne consentiraient-il pas à des efforts pour sa survie économique ?

Depuis 65 ans, Israël a connu des périodes bien pires que celle que nous allons devoir affronter pendant les deux années à venir.

Il va falloir nous serrer la ceinture, mais tout est relatif, nous connaissons néanmoins, à la différence de la France par exemple, le plein emploi.

La charge principale sera une fois de plus supportée par les classes moyennes, en dépit de ce que promettait Yaïr Lapid pendant la campagne. Mais, soyons sérieux, tout le monde savait, sauf ceux qui sont de mauvaise foi et les naïfs, que le gouvernement précédent avait préparé la vague de coupes budgétaires qu’a présentée le nouvel argentier du pays. Quel que soit le ministre des Finances, ces mesures devaient être prises pour préserver le pays des difficultés que connaissent de nombreux Etats comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie et même la France.

Prendre Lapid comme seul bouc émissaire serait céder à la tentation populiste. Le gouvernement dans son ensemble, de Netanyahou à Bennett, a approuvé les mesures proposées parce qu’elles sont indispensables au retour à l’équilibre budgétaire.

Voulons-nous retourner au début des années 80 avec 500% d’inflation ?

Les partis sectoriels crient au scandale après la réduction des allocations familiales. Pourquoi le public antisioniste exige-t-il toujours davantage que les autres des aides et des allocations de cet Etat qu’ils abhorrent, à l’égard duquel ils ne se sentent redevables d’aucun devoir, alors qu’ils sont férocement jaloux de leurs droits ?

Oui, la TVA va augmenter de 1% dès le 1er juin. Mais il n’y aura pas de TVA sur les fruits et légumes, comme prévu initialement.

L’armée aussi va ruer dans les brancards car son budget va être réduit. Et c’est tout à fait possible sans que cela nuise à la sécurité de l’Etat, en dépit de ce que le ministère de la Défense veut systématiquement nous faire croire.

Pourquoi ne couperait-on pas dans le budget de Tsahal, ou tout au moins, n’ayons pas peur de le dire, dans ses gabegies ?

Pourquoi mon fils, commandant d’une unité combattante réserviste, a-t-il droit à une voiture de location lors de ses périodes de réserve et peut-il même l’utiliser pour rentrer à la maison en permission ? Une jeep sur le terrain pour aller de position en position et un coupon de l’armée pour rentrer en transport public à la maison ne coûteraient-ils pas moins cher aux contribuables que nous sommes, serait-ce dégradant ou humiliant ?

Pourquoi Tsahal invite-t-il régulièrement ses officiers (souvent avec leurs conjoints) dans des hôtels de luxe à Eilat sous prétexte de réunions de motivation ?

Il ne me semble pas que les combattants des générations précédentes aient eu besoin de séjourner dans les palaces de l’époque pour être plus percutants et avoir le moral gonflé à bloc afin de remporter les victoires dont ils sont aujourd’hui auréolés…

Pourquoi Israël emploie-t-il, par exemple, plusieurs dizaines, pour ne pas dire centaines de fonctionnaires à son bureau d’achats militaires à Washington, avec ce que cela implique comme allocations de frais de cadre, de séjour aux familles, de frais d’éducation pour les enfants, d’officiers de sécurité, de voyages entre Israël et les Etats-Unis, tout cela pour une aide américaine d’un peu plus de 3 milliards de dollars ? A titre de comparaison, pour le même montant, l’Egypte de Moubarak avait un bureau d’achat à Washington composé de …3 personnes. Serions-nous moins capables que les Egyptiens, à l’époque d’Internet et de l’univers de l’hypercommunication dans lequel nous sommes pourtant à la pointe en Israël ?

La réduction du service militaire de 4 mois devrait également permettre une réduction substantielle du budget de la Défense sans que la sécurité de l’Etat ne soit mise en danger.

Contrairement à ce qu’on croyait, l’Israélien qui a manifesté pour la justice sociale durant l’été 2011 semble comprendre la nécessité de ces efforts, même s’il ronchonne.

Preuve en est la conférence de presse conjointe mercredi soir du ministre des Finances Lapid avec le secrétaire-général de la centrale syndicale Histradrout, Ofer Eïni qui a fait preuve de responsabilité, en dépit de la réduction prévue du traitement des fonctionnaires, en préférant le consensus à la grève qui coûterait 2 milliards de shekels par jour à l’économie israélienne et  ne résoudrait rien.

En France, Moscovici n’oserait même pas fantasmer à une telle situation.

La lutte contre le déficit de l’Etat, qui s’élève à 42,3 milliards de shekels pour les 12 derniers mois, est l’affaire de tous, pouvoirs publics, travailleurs et patronat, c’est la seule manière de faire face à la crise économique mondiale, car nous ne vivons pas dans une bulle.

Le sionisme, c’est le sens de l’effort pour le bien commun, c’est notre responsabilité civique individuelle pour la pérennité du Peuple juif.

Lorsque je fis mon aliyah en 1980, dans le bureau de l’Agence juive à Paris, il y avait une affiche : « Israël, le pays où coulent le lait et le miel « .

Lorsque j’arrivais en Israël, tout fier de ma nouvelle carte d’identité israélienne, je me rendais à l’antenne du ministère de l’Intégration de ma ville. Une autre affiche attira mon regard : « Nous ne vous avons pas promis un jardin de roses »…

Nous avons mille raisons de grogner contre Israël tous les jours, mais nous en avons mille et une de l’aimer en dépit de toutes les difficultés.

Pour ce qui me concerne, mais aussi pour l’immense majorité des Israéliens, il demeure le pays où coulent le lait et le miel et il est même un jardin de roses, n’en déplaise  au ministère de l’Intégration.

Israël reste notre paradis.

mfemsohn@guysen.com

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Les lignes rouges

L’éditorial de Marc FEMSOHN

C’est devenu une expression à la mode utilisée aujourd’hui pour tous les conflits, dans toutes les situations à risque.

Les droits d’auteur en reviennent à Binyamin Netanyahou qui, dès le 2 septembre 2012, en fait mention lorsqu’il déplore l’absence de « ligne rouge claire » face au nucléaire iranien. Le 27 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations-Unies, il réitère ses propos, les illustrant avec une pancarte représentant schématiquement une bombe. Netanyahou explique qu’il faut empêcher l’Iran, qui en est à ce moment-là à 70% d’atteindre le seuil de 90% d’enrichissement de son uranium, un objectif qui devrait être atteint au printemps 2013 (nous y sommes…). Pour appuyer sa demande, il trace une ligne rouge au feutre sur le dessin.

En 48 de l’ère chrétienne Jules César franchit le Rubicon, ce qui déclencha la guerre contre Pompée. En 1967, la fermeture du détroit de Tiran et le blocus du golfe d’Eilat par les Egyptiens sont considérés comme « casus belli » par Israël, provoquant la Guerre des Six-Jours dont les conséquences se font sentir jusqu’à aujourd’hui.

La « ligne rouge » est donc le curseur, le repère au delà duquel une riposte est nécessaire voire indispensable mais, avant tout, légitime. Il s’agit de l’ultime sommation qui, si elle n’est pas suivie d’effet par le destinataire, signifie la mise à exécution effective de la menace.

L’identité de celui qui profère la menace est un élément essentiel de la capacité de dissuasion.

Les Iraniens savent qu’Israël ne bluffe pas, nous l’avons démontré par le passé. Il est vrai que l’avis des Américains est primordial dans le passage à l’acte, mais tout le monde le sait bien, y-compris Washington et Téhéran, Israël n’hésitera pas à intervenir, avec ou sans l’accord de ses alliés, si la situation l’exige.

Mais il se pourrait aussi que cette fameuse ligne rouge ait un effet pervers.

Et si Téhéran testait la crédibilité d’Israël : les ayatollahs au cerveau malade pourraient ne pas hésiter à défier le « régime sioniste » et à l’entraîner ainsi sciemment dans un engrenage infernal quitte à perdre des millions de « martyrs », un détail de l’histoire pour eux.

Et si Israël, à la dernière minute, tergiversait, il passerait pour un tigre de papier.

Mais où est la ligne rouge pour Barack Obama  concernant le programme nucléaire iranien?

On peut être légitimement inquiet lorsqu’on constate les atermoiements du président américain dans les autres conflits comme en Corée et en Syrie.

Lorsqu’un taré de 30 ans menace de lancer le feu nucléaire sur le territoire américain, que fait Barack Obama ? Il annonce le déploiement « dans les prochaines semaines » d’une batterie antimissile THAAD sur l’île de Guam. Les Iraniens, qui observent méticuleusement les réactions de Washington à l’égard des provocations de Pyongyang, doivent être morts de peur !!! Où est John Kennedy qui, en 1962, fit reculer l’URSS dans la crise des missiles de Cuba ?

Où est la ligne rouge ?

Concernant la Syrie, Barack Obama déclare par le passé que l’emploi d’armes chimiques par le régime de Damas « changerait la règle du jeu ».

La semaine dernière, Israël donne des informations précises sur l’utilisation par Assad de gaz sarin. Après avoir mis en doute les affirmations israéliennes, Washington admet pour la première fois jeudi dernier que Damas a probablement utilisé « à petite échelle » des armes chimiques contre les rebelles. Mardi, nouveau pas en arrière : Obama déclare que « les Etats-Unis reverront leur position s’il est avéré que le régime de Damas a utilisé des armes chimiques », mettant en garde contre la prise de décisions hâtives. « On ne sait pas comment ces armes ont été utilisées, quand elles ont été utilisées, ni qui les a utilisées », souligne le président américain…

Où est la ligne rouge ?

Pendant ce temps-là, ces armes passent de mains en mains pour arriver vraisemblablement au bout du compte dans les celles du Hezbollah. Devra-t-on attendre quelles soient utilisées contre « l’entité sioniste » pour s’alarmer, s’émouvoir et puis, organiser des commémorations et des repentances comme on le fait aujourd’hui 70 ans après la Shoah ?

Les gouvernements occidentaux sont embarrassés : ils avaient fixé une ligne rouge concernant l’Iran et la Syrie. Mais, bien qu’elle ait été franchie, ils estiment qu’il n’est pas encore opportun d’intervenir.

Lorsqu’on dessine de nouvelles lignes rouges, on efface la capacité de dissuasion et la crédibilité de LA ligne rouge.

La ligne rouge peut se retrouver également au sein d’une communauté nationale.

N’a-t-elle pas été franchie à Boston ? Mais on a déjà presque oublié, rien d’étonnant vu l’apathie de celui qui est charge de la sécurité nationale après ce que nous venons d’évoquer sur la scène internationale.

N’a-t-elle pas été franchie à Toulouse en mars 2012 ? Quelles mesures ont été prises par les dirigeants politiques français d’alors ou par ceux d’aujourd’hui pour éviter de nouvelles tragédies ? Au contraire, on a assisté à une recrudescence des incidents antisémites depuis un an. Lorsque le message est trouble voire absent, lorsqu’on ne fait pas preuve d’un minimum de volonté politique, je n’ose parler de courage, il n’y a plus de ligne rouge, on laisse le terrain aux Fronts, ceux du petit Laval et de la blondasse.

Les Juifs de France ne sont d’ailleurs pas non plus exempts de toute critique. Combien de lignes rouges franchies accepteront-ils encore ?

Selon un sondage CSA/BFM publié cette semaine, plus d’un Français sur 3 voterait pour les Fronts (national et de gauche) si l’élection présidentielle avait lieu dimanche.

Cette semaine encore, un journaliste de France 3, Clément Weill-Raynal (tiens, tiens, bon d’accord je dois être parano, quoique…), fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour avoir filmé le « mur des cons » (où les Juifs sont particulièrement nombreux, mais je suis toujours parano, quoique…) dans les locaux du syndicat de la Magistrature.

On se rapproche inéluctablement du moment fatidique, celui de la ligne rouge sang.

Ici, en Israël, la ligne rouge a été clairement tracée. Il n’y aura pas de nouvelle génération de rescapés et de deuxième Yom Hashoah.

A bon entendeur salut.

mfemsohn@guysen.com

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L’israélisme

 

L’éditorial de Marc FEMSOHN

L’Israélien est un éternel insatisfait. Attention, ne pas confondre avec le râleur permanent qu’est le Français. La situation n’est pas extraordinaire, on étouffe, les injustices sont criantes, la politique est nauséabonde, voilà ce que pense l’homo israelus.

Je l’invite à regarder de plus près ce qui se passe actuellement en France, il y a de quoi relativiser. Il y verra que la gauche, donneuse de leçons, a plongé le pays, en moins d’un an,  dans une crise morale qui rappelle les périodes les plus sombres. A l’opposé la droite républicaine est cannibalisée par les extrémistes qui profitent de la polémique du mariage pour tous afin de tenter, à l’instar des Ligues d’avant-guerre, de semer troubles et confusions pour déstabiliser la République.

Et pour couronner le tout, rendez-vous compte, les touristes israéliens à Paris vont devenir de véritables spécialistes du « Printemps arabe », puisque le Qatar serait intéressé au rachat du célèbre magasin du Boulevard Haussmann. On ne peut même pas compter sur Tsahal pour faire face à l’invasion, tout se perd, ma p’tite dame !!! (A l’intention de ceux qui vont immédiatement hurler à l’islamophobie, aux pisse-froid et aux antisionistes, ce sont d’ailleurs souvent les trois à le fois, c’est une PLAISANTERIE).

Donc, tout va mal en Israël, paraît-il, et pourtant l’Israélien est toujours là même lorsqu’il rêve d’évasion, de contrées lointaines. Car il y a ce lien qui le rattache à cette terre, il y a « l’israélisme », cette appartenance, ce sentiment qu’on ne ressent nulle part ailleurs : « C’est à moi »,

C’est tellement fort que c’est inscrit dans son ADN.

L’Israélien né, comme moi, à l’étranger est « accro » à Israël, car il a fait le choix volontaire de venir s’y installer, il s’est battu pour que ses enfants et les futures générations puissent avoir un pays « à eux », pour lequel ils seront également « accros »

En cette période de Yom Haatsmaout (Jour de l’indépendance) qu’on appelle de plus en plus souvent Hag Haatsmaout (fête de l’Indépendance),comment ne pas recenser quelques aspects positifs qui nous relient à Israël, à « l’israélisme », cette qualité de vie particulière.

L’israélisme c’est tout d’abord un climat clément et une luminosité généreuse. J’ai peut-être mal choisi mon exemple cette année car la la météo était exceptionnellement défavorable ces derniers jours, mais c’est l’exception qui confirme la règle. Dans ce tout petit pays,on peut se réchauffer et bronzer pendant au moins 8 mois par an sur les plages de la Méditerranée et toute l’année à Eilat, à la Mer Morte ou à Tibériade. Mais on peut aussi prendre le frais à Jérusalem, à Safed ou sur le Golan. C’est un luxe, une diversité dont ne disposent pas de nombreux pays bien plus étendus que le nôtre.

L’israélisme, c’est la musique. Ressentir comme son patrimoine et être à l’aise aussi bien avec les chansons populaires (Shirei Eretz Yisrael), la musique orientale ou yiddish, qu’avec des chanteurs comme Shlomo Artzi, Arik Einstein et le regretté Yossi Banaï. Sans oublier le magnifique philharmonique d’Israël.

L’israélisme, c’est la proximité avec les gens, le contact facile. Ici, comme le pays est petit, on rencontre toujours quelqu’un qu’on connait. Un copain de l’armée, un parent d’élève de l’école, un voisin, de la famille éloignée, C’est ainsi qu’on fonctionne, par réseau, par connexion. Facebook n’a rien inventé avec ses « amis », en Israël on pratique ce système depuis des lustres. Poussé à l’extrême, cela s’appelle la « Proteksia », le favoritisme.

L’israélisme, c’est aller frapper chez la voisine pour lui demander deux oeufs ou de l’huile ou des chaises pliantes pour recevoir les amis. C’est cette même voisine qui, ayant entendu que vous êtes malade, viendra s’assurer que vous avez ce qu’il faut pour le repas de Shabbat.

L’israélisme, c’est justement cette absence de gastronomie nationale. C’est de considérer que la dafina, les mafroums, le gefillte fish, le hoummous, les cigares ou le gâteau au fromage, les cuisines séfarade, ashkénaze, druze et arabe ou même la nouvelle cuisine israélienne, font partie d’une même culture, de notre patrimoine. Mais surtout, c’est une occasion supplémentaire de convivialité, c’est la raison pour laquelle n’importe quel prétexte est bon pour organiser un barbecue, le sport national des Israéliens.

L’israélisme, ce n’est pas toujours idyllique, Ce que je déteste chez le Israéliens, c’est leur conduite sur les routes. Impatients, machos, manquant de la plus élémentaire des courtoisies,les Israéliens sont des assassins en puissance dès qu’il prennent le volant. Et le pire, c’est que c’est contagieux : je ne pense pas malheureusement faire exception à la règle. Au moins mon intégration est un succès…

Oui l’israélisme, c’est ce côté rassurant et parfois étriqué, je vous l’accorde, cela s’appelle du provincialisme ou la nostalgie du Shtetl. Une vie multiculturelle régentée par des valeurs humanistes empreintes de tolérance et s’enrichissant de l’apport de toutes les composantes de cette société.

L’israélisme, un vie juive en somme dans un pays qui est un immense Mur des Lamentations , mais dans lequel on restera à tout jamais et qu’on n’échangera pas pour tout l’or du monde.

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Israël ou le rituel du passage

L’éditorial de Marc FEMSOHN

Les symboles revêtent une importance particulière chez les Juifs.

Parmi eux, le rituel du passage tient une place prépondérante dans l’historiographie du Peuple de la mémoire sur sa terre ancestrale.

Cela commence avec la Brit Mila (circoncision), c’est-à-dire le passage au judaïsme par la contraction d’une alliance. Cela se poursuit avec la Bat Mitzva à 12 ans pour les filles. Les garçons font leur Bar Mitzvah à 13 ans qui consacre le passage  à la majorité et leur confère le droit de faire partie du minyan, le quorum de dix hommes adultes nécessaire à la récitation des prières les plus importantes de tout office ou de toute cérémonie.

La Pâque juive, Pessah, que nous venons de fêter il y a quelques jours, symbolise également le passage, celui du statut d’esclave en Egypte à celui de la liberté retrouvée en Terre Promise.

D’ailleurs en anglais on sait faire la différence, la Pâque juive se traduisant par Passover (passer au-dessus) pour rappeler la parole de D.ieu concernant le sang de l’agneau : « Je reconnaîtrai ce sang et passerai au-dessus de vous », alors que les Pâques chrétiennes se nomment Easter du nom d’Eostra, une déesse du panthéon germanique née en avril.

Et nous sommes cette semaine en plein passage que l’on peut relier à cette fête de Pessah.          Nous avons commémoré lundi le Yom Hashoah dont le thème cette année était consacré à la rébellion et à l’insurrection des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale, 70 ans après la révolte du ghetto de Varsovie qui débuta le 19 avril 1943.

Cette date est hautement symbolique : le 19 avril 1943, c’est le soir du Séder de Pessah. Il reste moins de 50.000 Juifs dans le ghetto que les Allemands s’apprêtent à liquider en les déportant à Treblinka. C’est alors que l’Organisation juive de combat (OJC) rassemblant sionistes, bundistes et communistes, au total 600 héros sous le commandement de Mordehaï Anielevitch, âgé de 24 ans, fit face pendant 27 jours à la machine de guerre nazie, sans aucun moyen, sans aucune aide extérieure.Mieux que la Belgique, dotée d’une armée, qui capitula au bout de 18 jours et à peine moins bien que la France qui fut battue au bout de 42 jours. Contrairement à ce que l’on croit généralement et aux idées reçues des habitants du Yishouv (la Palestine mandataire), les Juifs ne se sont pas systématiquement laissés mener à l’abattoir.

Pour ce qui me concerne personnellement, le 19 avril 1943 revêt également une importance particulière : ma grand-mère Riwka était déportée ce jour-là par le XXème convoi de la caserne Dossin de Malines en Belgique vers Auschwitz.

Elle avait elle-aussi, depuis son arrestation le 12 janvier 1943 à Bruxelles, résisté à la torture et aux humiliations en ne révélant pas où étaient cachés son mari et ses enfants. Le train, convoyé par les SS, est attaqué par trois jeunes résistants, Youra Livchitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau, armés seulement de deux pistolets. Ils réussissent à arrêter le convoi, à ouvrir plusieurs wagons à bestiaux et à distribuer de l’argent à 231 déportés qui arrivent à prendre la fuite. 23 furent tués, 95 furent repris et 113 échappèrent à la mort. Youra fut arrêté sur dénonciation et fusillé en février 1944, Robert et Jean survécurent à la guerre. Riwka, quant à elle, arriva à Auschwitz, sélectionnée pour le bloc 10 comme cobaye d’expérience du sinistre Mengele, fit la marche de la mort jusqu’à Bergen Belsen et réussit à survivre, incarnant cette résistance et cette rébellion du peuple juif face au fascisme et à l’oppression.

Et c’est là où nous revenons au rite du passage, car c’est grâce à Riwka, à cause de ces résistants sur une voie ferrée de Belgique, pour la mémoire de ces combattants martyrs du ghetto de Varsovie que tant de Juifs comme moi ont juré « Plus jamais cela » et décidé de devenir des citoyens libres dans leur pays.

C’est ce passage symbolique que nous vivons cette semaine qui nous mène du Yom HaShoah au Yom Haatsmaout (Jour de l’Indépendance de l’Etat d’Israël) en passant par le Yom HaZikaron (Journée du Souvenir à la mémoire des militaires et des civils tombés au champ d’honneur pour l’Etat d’Israël et le Peuple juif). Le 19 avril 1943 fut un des pires jours de l’histoire du Peuple juif, mais peut-être aussi l’un des plus beaux. Il est le jour du passage des ténèbres à la lumière, du désespoir à la résistance, le soir où l’on demande en quoi cette nuit est-elle différente des autres.

C’est la semaine du passage du Juif à l’Israélien par la voie du sionisme.

Ce n’est donc pas par hasard non plus que le lancement de la nouvelle chaîne internationale i24News a été annoncé cette semaine. Elle sera diffusée avant l’été à partir du port de Jaffa, à Tel Aviv, en français, en anglais et en arabe. Le lettre « i » comme indépendance permettra de faire connaître la société israélienne autrement que par des clichés et des lieux communs.

Dans le domaine incontournable aujourd’hui de la communication, le passage à une chaîne à portée internationale était indispensable.

En cette semaine symbolique du passage qui témoigne de la foi inébranlable des Juifs et d’Israël dans des valeurs de tolérance, d’humanisme et de paix dans le respect mutuel et la sécurité, nous allons relever le défi d’une information différente dans cette région agitée, mais pleine d’espoirs qu’est le Moyen-Orient.

mfemsohn@guysen.com

Drapeau israélien Auschwitz

Tout va bien en Israël

L’éditorial de Marc FEMSOHN

Comme toujours en Israël, tout peut basculer d’une seconde à l’autre. Pourtant tout allait bien à l’issue de cette semaine de Pessah.

Car ici, nous sommes tous paranos et nous avons un besoin impérieux de ces fêtes pour nous échapper de la réalité qui est néanmoins beaucoup plus souriante que dans la plupart des pays européens en dépit de nos problèmes sécuritaires.

Tout va bien dans ce pays où Madame Riky Cohen, dont les revenus additionnés à ceux de son mari atteignent les 20.000 shekels mensuels (plus de 4.000 euros), incarnant les classes moyennes selon notre tout frais et candide ministre des Finances Yaïr Lapid. Elle connait cependant des difficultés de fin de mois, se plaint de ne partir qu’une année sur deux à l’étranger et se prétend dans l’incapacité d’acheter un appartement à chacun de ses trois enfants…

Remarquez, tout est possible dans un pays où le ministre des Finances du premier gouvernement Begin en 1977 s’appelait Simha Ehrlich (traduction littérale du yiddish : « Joie honnête »).  Un pays où un ministre des Finances s’appelle « honnête » ne peut pas être foncièrement mauvais !!!

J’aime ce pays où un ministre des Finances malhonnête, Avraham Hirschsohn en l’occurrence, avait été condamné à 5 ans de prison ferme pour, entre autres, fraudes et blanchiment d’argent. Cela ne vous rappelle rien ?

On verra si le bras de la justice française ne tremblera pas lorsqu’il s’agira de condamner et d’incarcérer un ex-ministre du Budget.

Il y a en Israël des politiciens voleurs et corrompus ou criminels sexuels  certes, mais au bout du compte, ils sont punis comme n’importe quel autre justiciable, telle est la force de cette démocratie encore fraîche en dépit de ses 65 printemps.

En France, par exemple, il y a toujours un artifice, un dernier recours qui permet à une certaine caste d’échapper à la sanction. Ce qu’a fait Cahuzac est naturellement répréhensible et moralement inacceptable, mais là où cela devient véritablement criminel, c’est sa persistance dans le mensonge qui va apporter dans un premier temps encore un demi-million de voix supplémentaires à Le Pen et quelques dizaines de milliers d’autres à Mélenchon. Et si des sanctions judiciaires fermes n’étaient pas prises dans un futur proche, les Français n’hésiteraient pas à se jeter dans les bras de ces extrémistes qui auraient beau jeu de crier au « tous pourris ».

Tout va bien en Israël, surtout pour le nouveau ministre de la Défense Moshé Yaalon qui utilise un hélicoptère de l’armée pour se rendre au mariage de sa fille à Grofit, au nord d’Eilat, pour la modique somme de 100.000 shekels.

Où êtes-vous, Ben Gourion et Begin ?

Donc, tout va bien en Israël. Nous sommes riches. On a débuté en fin de semaine dernière l’exploitation du gisement gazier marin de Tamar au large de Haïfa qui va enfin faire de nous une puissance énergétique indépendante. Le PDG de la compagnie d’électricité a dit qu’une éventuelle stabilisation des tarifs pourrait être envisagée à la fin de 2014, je n’ai pas bien compris pourquoi il faudra attendre si longtemps pour « stabiliser », à moins que ce ne soit le temps nécessaire pour imposer aux employés de la société de payer enfin leur courant.

Tout va bien en Israël. La frontière avec l’Egypte est plutôt calme, grâce surtout à notre nouvelle clôture de sécurité. En dépit des mises en garde du Bureau israélien de lutte antiterroriste, des Israéliens persistent à se rendre dans le Sinaï. La semaine dernière, l’un d’entre eux, kidnappé quelques jours plus tôt, a été libéré après les efforts conjugués des autorités israéliennes et égyptienne et surtout de notre cher député Ahmed Tibi qui a dépensé une énergie en faveur de cet Israélien d’origine arabe qu’on aurait appréciée lorsqu’il s’agissait de négocier la libération de Gilad Shalit (un criminel de guerre, bien sûr).

Tout va bien en Israël sauf quelques obus de mortier et roquettes Qassam qui recommencent à tomber de temps en temps en provenance de Gaza, lorsqu’un terroriste meurt d’un cancer en phase terminale dans l’hôpital israélien où il est soigné.

La prochaine roquette sera tirée  dès qu’un détenu sécuritaire s’enrhumera.

Tout va bien à la frontière syrienne où les partisans d’Assad et les rebelles s’entretuent. De temps en temps, les pauvres, pour se distraire, ils tentent de se faire une position israélienne, c’est le seul point sur lequel ils sont encore d’accord.

Tout va bien à la frontière libanaise, le Hezbollah a d’autres soucis pour le moment.

Tout va bien  avec la Jordanie, car Obama a convaincu Netanyahou de s’excuser auprès des Turcs afin de former un axe Washington-Jérusalem-Amman-Ankara indispensable pour une éventuelle frappe contre Téhéran.

Tout va bien avec les Palestiniens, on n’en parle plus, ils se sont faits tirer les oreilles par Obama. La balle est dans leur camp, la condition préalable exigeant la cessation des constructions  dans les Territoires avant la reprise des pourparlers ne tient plus, c’est Obama qui l’a dit.

Et c’est vrai que parfois tout va vraiment bien. Je l’ai constaté la semaine dernière en assistant à un débat sur la chaîne télévisée parlementaire française LCP après la diffusion du merveilleux film franco-israélien de Radu Mihaileaniu « Va, vis et deviens ». Il est aujourd’hui possible de discuter de manière apaisée d’Israël, de ses problèmes de société davantage que de ses soucis sécuritaires, avec des débatteurs sans complaisance, mais aussi sans les sempiternels clichés anti-israéliens.

Tout va bien, 65% des Israéliens estiment qu’il n’y a plus aucun risque de Shoah du peuple juif, selon un sondage réalisé cette semaine pour la chaîne de la Knesset. Ils étaient 60% l’année dernière. Pourtant, 75%  des Israéliens pensent que la menace nucléaire iranienne met en danger l’existence même de notre pays.

Tout va bien en Israël, mais lundi prochain les sirènes vont retentir en Israël pour le Yom Hashoah, rappelant ce que beaucoup de non-Juifs et même de Juifs ont déjà malheureusement oublié : il y a moins de 70 ans, six millions de nos frères, dont 1,5 millions d’enfants, ont été assassinés uniquement parce qu’ils étaient juifs.

Fils d’enfants cachés et de grands-parents déportés, je dois, moi aussi, être certainement parano.

Tout va bien en Israël, mais…il suffit d’un instant et tout bascule.

Nous ne baisserons plus jamais la garde. Nous resterons vigilants mais confiants, grâce à Tsahal dont le commandant en chef, le général Benny Gantz, a déclaré cette semaine encore :

« Le sang juif ne sera plus sacrifié ».

Tout va bien…

mfemsohn@guysen.com

U.S. President Obama gestures during his address to Israeli students at the International Convention Center in Jerusalem

Conflit israélo-arabe : l’ordre américain dans le désordre

Lorsque le président américain Barack Obama se présente devant la jeunesse israélienne triée sur le volet jeudi dernier à Jérusalem pour lui parler les yeux dans les yeux, il a déjà conquis le cœur des Israéliens par une série de gestes symboliques, par des sourires complices,  des postures et des attitudes. Lire la suite

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Ni antisionisme ni antisémitisme

Non, ce n’est pas vrai, il n’y a pas d’antisémitisme en Europe, il y a éventuellement de l’antisionisme, mais le sionisme est un crime contre l’humanité.

C’est certainement vrai puisque c’est le Premier ministre turc Erdogan qui l’a affirmé devant le secrétaire-général de l’Onu Ban Ki-moon qui n’a pas bronché. Il est donc légitime de combattre cette idéologie raciste et fasciste par tous les moyens possibles. Lire la suite